18 Fév 2013

Vintage : 4 roues directrices pour la Prélude

Première voiture au monde à bénéficier de 4 roues directrices, le nouveau coupé Honda Prélude 4 WS révolutionnait l’automobile en cette fin 1987.

1989 Honda Prelude

La 3eme génération du coupé Prélude présentait deux nouveautés majeures. D’abord, une silhouette lisse et racée diamétralement opposée à celle des premières moutures et ensuite ses quatre roues directrices baptisées 4 Whell Sterring System. Il s’agissait de deux boîtiers de direction reliés entre eux par un petit arbre central permettant aux roues arrière de tourner en fonction de l’angle de braquage du volant. Comment ça marchait ? Jusqu’à un angle de 140 degrés du volant, les roues arrière tournaient dans le même sens que les roues avant. De 140 à 240 degrés, elles suivaient les roues avant, et à partir de cet angle, elles pivotaient en sens inverse. C’est clair ?

Rivé sur sa trajectoire !

Honda Prelude 4 roues directrices 6Les essais du coupé prélude avaient lieu en septembre en Allemagne si ma mémoire est bonne. D’abord, c’est au plan esthétique que la voiture nous avait bluffés avec sa silhouette fine au capot étonnamment surbaissé. Pour lui affiner sa proue, Honda avait du incliner son 4 cylindres de 18 degrés et dessiner une suspension triangulée inédite, forme exigeant des phares occultables pour respecter la réglementation. Vous connaissez la formule « la mode, ça se démode« . Fin 1987, le coupé Prélude était jugé à l’unanimité magnifique, avec ses lumineuses surfaces vitrées et sa pureté esthétique alors qu’aujourd’hui, c’est l’inverse. Pour être qualifiée de belle, une voiture doit avoir des surfaces vitrées réduites et des flancs de bunker très sculptés. C’est la mode qui détermine notre façon de penser.

Ce coupé était non seulement beau à voir mais surtout passionnant à conduire animé par un 2 litres 16 soupapes essence à injection PGM-Fi 16 soupapes délivrant 150 ch. Puissance qui l’entrainait à 210 km/h dans la belle sonorité émise par les deux sorties chromées de son échappement. Avant d’en prendre le volant, nous avions eu droit à une petite leçon pour nous expliquer ce que cette technologie apportait en plus par rapport à celle d’une voiture traditionnelle.

Au volant, le Prélude démontrait rapidement que son châssis exceptionnel lui offrait un comportement routier tout aussi exceptionnel ; pas de roulis, suspension efficace, direction précise. Mais en cadeaux Bonux, il y avait ces fameuses 4 roues directrices. On s’en rendait déjà compte en mettant un coup de volant maladroit à 150 km/h sur autoroute, où il restait, impavide, rivé sur sa trajectoire. Impressionnant !

Le plus spectaculaire, c’était pour virer à plus basse vitesse notamment sur les sorties d’autoroute n’exigeant pas d’anticiper son braquage et autorisant à tourner en toute sécurité au dernier moment. Redoutable ! Enfin cerise sur le gâteau sur un parcours sinueux, où la voiture s’enroulait dans les courbes avec allégresse et vitesse tout en restant merveilleusement neutre dans les changements d’appui même un peu trop accentué. Fantastique ! Enfin, l’essai s’achevait par une manœuvre de stationnement qui s’avéra être, le plus déroutant. Par le fait de ses 4 roues directrices, il offrait un rayon de braquage si court que pour effectuer un créneau, il fallait reculer à la hauteur de la malle arrière de la voiture avant pour débraquer. Nous sommes revenus de cet essai en pensant que nous avions assistée à une formidable avancée de l’automobile.

Le coupé le plus vendu en 1988

Le Prélude a rencontre beaucoup de succès, puisque en 1988, c’était le Honda Prelude 4 roues directrices 7coupé le plus vendu en France. D’autres Japonais s’y sont collés comme Mazda et Mitsubishi puis la mode est passée. Quelques années plus tard en 1992, j’ai parcouru 2000 kilomètres au volant d’un prélude 4eme génération à la ligne plus sportive toujours en quatre roues directrices. Avec, en prime, le 2,2 l VTEc de 185 ch. Non seulement un régal au plan musical où dès 5000 tr/mn, la musique devenait plus omniprésente mais plus sportive que la précédente, elle s’avérait encore plus efficace et jouissive à piloter sur routes serrées.

Si Les quatre roues directrices sont toujours utilisées en compétition notamment au Trophée Andros, elles sont oubliées par les voitures de série. Il est vrai que l’électronique a bien amélioré la sécurité active des voitures. Et par ailleurs, la mode des coupés a été supplantée par celles des SUV hauts sur roues. Reverrons-nous un jour cette technique sur un coupé ? Pourquoi pas ? N’oubliez jamais que le futur, c’est du temps passé en préparation…

Patrice Vergés

 

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