8 Fév 2019

Vintage : Hondamatic, c’est automatique !

Vintage : Hondamatic, c’est automatique !

Honda a été le pionnier de la transmission automatique sur ses automobiles de même que sur ses motos. Dès 1967, il la proposait sur ses minuscules N360 et 600 avant d’innover sur la première Civic. 

 Un conducteur de la nouvelle Civic diesel dont la boîte automatique égraine souplement et imperceptiblement ses neuf rapports, n’imagine pas que ce perfectionnement est le fruit de plus de 50 ans d’expérience et de technologie chez Honda.

La plus petite automatique du marché

En effet, dès 1967 Honda proposait une transmission automatique sur ses N360 et 600. Certes, des constructeurs offraient déjà des transmissions automatiques sur certains de leurs modèles mais aucun n’avait osé le proposer sur une cylindrée aussi réduite sauf DAF en faisant appel à un variateur à courroies.  Fidèle à sa philosophie, Soichiro Honda ne souhaitait pas utiliser un brevet déjà existant d’autant que les transmissions automatiques proposées par les spécialistes s’adaptaient mal aux régimes élevés (8 000 tr/mn) du petit bicylindre. D’où une solution originale étudiée en interne faisant appel à la boîte de série accouplée à un convertisseur de couple. La N360 et N600 dont la commande était placée au volant disposaient de trois rapports automatiques qu’il était possible de passer soit en manuel ou automatiquement en Drive. En fait, il s’agissait comme on dit plutôt d’une boite semi-automatique dont l’enclenchement des rapports était parfois assez brutal, il faut le reconnaître mais plus onctueux tout de même que la transmission mécanique dont les quatre rapports n’étaient pas synchronisés. Elle s’adaptait fort bien à la vocation urbaine de cette compacte et surtout son supplément de prix restait très honnête opposé à une véritable boîte automatique à bain d’huile.

La N disposait d’une boîte automatique à trois rapports commandée au volant 

De deux à trois rapports

 La Civic marqua un pas en avant avec ce type de transmission qui représentait déjà la majorité des ventes aux Japon au début des seventies.  Dessinée pour séduire les Américains avec son moteur dépollué (CVCC), il était évident que cette compacte devait offrir une transmission automatique pour plaire à leur épouse et les inciter à vendre leur Coccinelle. Pas évident sur une aussi petite cylindrée de 1169 cm3 ! Sous le nom de Hondamatic, le constructeur plancha sur une transmission automatique simplifiée sous forme d’un convertisseur hydraulique accouplé à une transmission épicycloïdale à deux rapports avec un radiateur d’huile en prime.  Certes, elle ne valait pas une véritable boîte hydraulique mais elle apportait une conduite plus fluide tant en se révélant fort agréable et à peine plus gourmande (0,8 l) que la mécanique à 4 rapports. Surtout elle était proposée à la moitié du prix d’un classique transmission auto (12 % de plus) qui expliqua qu’elle rencontra une certaine réussite même en France où ce type de transmission n’avait aucun écho à l’époque. Dans les années 80, Honda améliora sa transmission Hondamatic en rajoutant un overdrive jouant le rôle de troisième rapport qui améliora son étagement parallèlement au passage à cinq rapports sur la boîte mécanique notamment sur la Civic. 

Dès son lancement, la Civic pouvait être équipée d’une transmission automatique à deux rapports Hondamatic

De 7 à 9 rapports !

 A son tour, en 1976, l’Accord hérita de cette transmission Hondamatic d’abord en deux rapports puis en trois avec l’overdrive avant que le millésime 1984 hérite d’une véritable transmission automatique hydraulique à 4 rapports. En fait, selon la cylindrée et au fil des modèles et des années, Honda resta fidèle à deux technologies à la philosophie différente ; une véritable transmission automatique sur les plus gros modèles et un variateur continu type CVT moins coûteux et plus léger sur les plus petites cylindrées (Jazz et Civic). La dernier Civic, selon le modèle, offre l’une et l’autre de ses transmissions automatiques : soit une automatique à 9 rapports soit une CVT qui permet de bloquer manuellement 7 rapports. 

Plus tard, L’Accord reçut une boîte auto à trois rapports 

On reprocha longtemps à la CVT, la sensation jugée désagréable de mouliner en retrogradage qui était plus subjective qu’objective à cause du bruit. C’est vrai. Celle-ci à disparu sur les derniers modèles qui ont désormais une transmission par courroie humide liée à un convertisseur comme sur une vraie boîte auto ce qui lui permet de ne plus « mouliner » si on écrase l’accélérateur. L’avantage de la CVT est d’être moins coûteuse pour le client qu’une transmission automatique et d’offrir une multitude de rapports qui permet d’être toujours au meilleur régime moteur. Hier comme aujourd’hui, Honda reste le pionnier de l’automatique proposé sur toute sa gamme avec le choix de son type de transmission en fonction de l’utilisation de sa voiture. C’est rare.

La CVT de nouvelle génération offre une infinité de rapports.
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