5 Déc 2018

Honda Quintet : La preuve par cinq !

Début 1980, afin d’élargir sa gamme, Honda glissa un nouveau modèle entre la Civic et l’Accord quatre portes.  Baptisée Quint au Japon, cette berline deux volumes fit son apparition chez nous en 1981 sous le nom de Quintet

Bien que plus vaste que la précédente, la deuxième Civic 5 portes restait encore une voiture compacte avec 3,83 m de long opposés aux 4,41 m de la nouvelle Accord trois volumes. D’où l’idée de créer un modèle se glissant entre les deux en offrant un hayon arrière de plus en plus prisé par la clientèle européenne.

En fait, la Quintet était une Accord compactée dont elle reprenait les dessous et la mécanique. Sous le capot, on retrouvait en position transversale son 1600 cm3 de 80 chevaux accouplé à une boîte à 5 rapports ou automatique à trois rapports. Son châssis avait conservé l’excellente suspension à quatre roues indépendantes type MC Pherson de sa génitrice. En revanche, elle était habillée d’une carrosserie inédite deux volumes plus compacte puisqu’elle n’avouait que 4,11 m en longueur. Dimensions qui n’empêchaient pas un excellent volume intérieur, une intéressante modularité avec un vrai coffre de 340 dm3 pouvant grimper à presque 1000 dm3, sièges arrière abaisses. Malle accessible par une cinquième porte justifiant le nom de Quintet.

Longue de 4,11 m seulement, la Quintet offrait six glaces et cinq portes

Peut être la meilleure de toutes les Honda ?

C’était la conclusion de l’essai publié par un magazine automobile lors de son lancement en 1981. Par rapport à ses concurrentes françaises du même segment genre Talbot Horizon, 1501 ou Renault 14, cette Honda ne manquait de point forts. D’abord, elle proposait un équipement assez exceptionnel inconnu alors sur nos voitures hexagonales : radio de série, vitres teintées, pare-brise feuilleté, toit ouvrant électrique, antibrouillard ! Ajoutez une qualité de finition et une robustesse bien supérieures de ce côté là où rien n’a changé. Surtout le plus étonnant restait son confort et son silence de fonctionnement dignes d’un véhicule d’un segment supérieur compréhensibles au vu de l’origine de la Quintet.

Sa direction se révélait d’une étonnante douceur laissant imaginer à son essayeur qu’elle était assistée, tout comme sa boîte de vitesse ainsi que ses sièges agréablement moelleux. Ses 80 chevaux lui permettaient de dépasser les 150 km/h avec une consommation moyenne plutôt basse due à la longueur des rapports qui lui avaient permis d’être fiscalement une 7 chevaux (6 en automatique) en évitant ainsi la grosse vignette Enfin, sa carrosserie fort réussie comptant six glaces n’était pas la moindre de ses qualités.

Planche de bord de grande qualité avec une instrumentation très riche (ici version Hondamatic à 3 rapports)

Victime du quota

A la réflexion, on s’étonne un peu que la Quintet n’ait pas remporté davantage de succès chez nous au vu de ses indéniables qualités. Hélas, au départ, elle fut victime d’une fiscalité (8 CV fiscaux) mal adaptée à la législation française que Honda fit chuter à 7 CV en 1981 et surtout du quota des 3 % imposé aux voitures japonaises édictées par Giscard qui, en perdurant sous Mitterrand, freina ses ventes.  Sur certains marchés étrangers, elle fut proposée sous le nom de Rover, marque britannique avec laquelle Honda s’était rapproché alors pour produire en Europe et échapper à ce quota. Pour laisser le marché libre à la future Triumph Acclaim extrapolé de la dernière Civic, Honda ne remplaça pas immédiatement ce modèle en Europe. Néanmoins, on peut prétendre que le véhicule de loisir Shuttle déjà traité dans cette rubrique joua à merveille le rôle de compacte familiale ludique bien avant que la concurrence s’y intéresse.

Le hayon libérait un vaste coffre pouvant atteindre presque un mètre cube sièges abaissés.

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