17 Juin 2012

Honda gagne les 24 heures 2012 du Mans en LMP2 !

Samedi 16 juin à 9h, la pression monte d’un cran quand les LMP2 viennent brûler les premiers morceaux de gomme d’une longue journée lors du warm-up sur le circuit du Mans. Les deux équipes motorisées par Honda Performance Development (Level 5 Motorsport et Starworks) sont venues pour en découdre. Et nous étions présents dans les teams. Une expérience fascinante que nous souhaitions vous faire partager…

Avant la course.

Dans les paddocks, même si la course des 24h n’a pas encore commencé, les regards surveillent les courbes des écrans de contrôles. Quelques pièces d’amortisseur trainent sur les établis : attention à ce que vous photographiez, les réglages sont jalousement gardés car à 9h du départ chaque détail compte. Il ne faut rien laisser au hasard.

Alors qu’un responsable nous fait supprimer quelques photos trop engageantes, la LMP2 du team Level 5 Motorport rentre aux stand. Les mécaniciens s’affaire dans une odeur de chaleur mécanique dégagée par la HPD ARX-03b, tandis que le pilote français Christophe Bouchut s’extrait de l’auto et vient nous voir pour nous donner ses premières impressions : « Nous sommes dans les temps de tête, mais il est encore trop tôt pour dévoiler le plein potentiel de l’auto. Il faut se ménager afin d’être en forme pour les 24h. »

Se préserver pour être endurant : c’est le discours dominant les esprits de l’épreuve mancelle. L’autre écurie propulsée par HPD l’a bien compris. Starworks reste concentrée sur un but loin d’être irréaliste. Après avoir décroché une seconde place en 2012 lors des 24h de Daytona, le team du patron américain Peter Baron est venu pour gagner.

Chaque geste est calculé au millimètre. La tension est palpable. Les visages sont fermés. La machine à café est prête à enchainer les tasses pendant que le prototype numéro 44 piloté par Ryan Dalziel, Tom Kimber-Smith et Enzo Potolicchio enchaine les tours. Dans ce paddock, il semble difficile de communiquer. Nous reviendrons après le départ.

Nos 24 heures.

À 14h22, la procédure de départ est lancée. Les autos se mettent en position, les photographes, pilotes et mécaniciens prennent d’assaut la ligne droite des stands. Les hymnes nationaux retentissent un à un avant que la Marseillaise ne viennent finaliser le ballet des chariots chargés de pneus sous couverture.

Trente-huit minutes plus tard, le drapeau tricolore s’abat sur les voitures entamant le premier tour de la 80ème édition de la course d’endurance la plus emblématique du sport auto. Les premiers incidents ne tardent pas : une Ferrari a violemment coupé la trajectoire de la Toyota n°8 pilotée par le britannique Anthony Davidson la faisant décoller et l’envoyant à pleine vitesse dans un mur de pneu. Le pilote n’est pas encore sorti que les premiers commentaires concernant l’efficacité de l’aileron longitudinal fusent. La voiture de sécurité s’engage en piste, le fond de peloton en profite pour remonter les leaders.

Peu à peu la nuit tombe. Les tribunes se vident comme les bouteilles de bière dans les campings voisins. Dans les stands, on peut lire le prénom de chaque personne sur les gobelets en carton remplis de caféine. Les yeux rivés sur les graphiques, les ingénieurs motoristes terminent de dîner : ils tiennent de la main gauche une assiette en plastique où trône une ration de lasagne tiède et de l’autre la souris de l’ordinateur. Il est tard, nous partons dormir.

Le lendemain matin nous apprenons que la nuit fût riche en événements avec de bonnes et de mauvaises nouvelles : la Level 5 est tombée est panne d’essence suite à une mauvaise communication entre les stands et le pilote et a du abandonner, tandis que la Starworks a fait un tête-à-queue sans gravité, car ce matin, elle est en tête. Inutile de retourner dans les paddocks de l’écurie malchanceuse. Les membres de l’équipe sont déjà partis, la structure est en cours de démontage.

La survivante enchaine les tours sans encombres. La victoire est proche. Nous pénétrons dans l’espace réservé aux acteurs du team pour vivre ce moment intense de l’intérieur. Cinq minutes avant la fin, quelques mètres avant le drapeau à damier, le silence manifeste un climat de tension. Nous y sommes : tous ensemble, ils courent vers la ligne droite des stands le visage marqué par la fatigue et un premier sourire mérité. L’auto passe la ligne d’arrivée en tête, l’émotion éclate, les bras se serrent, les couples s’enlacent, quelques larmes coulent : Starworks vient de gagner les 24h du Mans.

 

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