21 Avr 2013

Vintage : Honda CR-X, on ne vit que deux fois

Autant par son sigle que par sa silhouette trapue mais musclée, le récent coupé CR-Z de Honda s’inspire étroitement du CR-X de la fin des années 80. Un coupé mythique recherché aujourd’hui par de nombreux passionnés.

Honda CR-X 6

Dérivé de la Civic, le premier coupé CR-X a vu le jour en 1983. Animé par un 1500 cm3 12 soupapes de 100 ch, il était proche de l’esprit de la S800. Deux ans plus tard, il hérita d’une motorisation plus ambitieuse sous la forme d’un 1600 double arbre de 125 ch. Fin 1987, la 4eme génération de la Civic donna le jour à un nouveau coupé CR-X (ED9) inédit du sol au plafond malgré un nom identique.

Le jouet !

Honda CR-X 2Si le nouveau CRX avait conservé le physique râblé de la précédente mouture, ses formes plus renflées, ses voies plus épaisses habillant des roues plus grandes, ses surfaces vitrées plus généreuses généraient une silhouette plus affirmée. Il affichait également davantage de personnalité de par son originale poupe à double lunette arrière améliorant la visibilité : concept repris sur le coupé CR-Z. Bâti sur un empattement plus long (2,20m) mais encore compact avec 3,76 m de long pour 1,27 m de haut, le CR-X exprimait davantage de virilité mais autant de sensualité.

Dessous, se cachaient une structure plus sophistiqués avec une belle suspension à double triangulation et un 1600 cm3 16 soupapes porté à 130 ch. Si l’habitacle avait conservé la sobriété chère à la marque japonaise, ses superbes sièges baquet siglés CR-X inscrits en rouge et son toit ouvrant électrique apportaient une élégance cossue.

Nous étions en pleine mode GTI. Un créneau où s’invita subrepticement le CR-X dont les performances étaient égales voire meilleures (208 km/h) que les meilleures GTI 130 ch du moment. Il est vrai que son comportement routier était bluffant, son freinage confié à 4 disques puissant et son double arbre sobre mais généreux.

Deux moteurs en un

Alternative intéressante aux berlines surexcitées, beaucoup de gétéistes se tournèrent vers lui car il apportait le charme rare d’un coupé, du nom Honda plus emblématique tout en offrant un bonne surface de rangement (369 litres) sièges rabattus ou deux petites places de secours. Du coup, Honda ne put répondre à la demande supérieure à l’offre et le CR-X exigea de longs délais de livraison.

Ses possesseurs, ses meilleurs ambassadeurs souhaitaient une version encore plus affutée. Honda répondit à leur demande avec le fameux moteur V-TEC à distribution variable (B16A) en 1991. S’il est toujours d’actualité, ce procédé joue d’abord le rôle de réduction de la pollution, Honda CR-X 5alors qu’à l’époque, sa mission était purement d’accroître la puissance portée à 150 ch. Soit près de 100 ch au litre !

J’ai parcouru des milliers de kilomètres au volant de plusieurs générations de CR-X dont la version V-TEC. C’était évidemment la plus excitante par sa mécanique fascinante. Les bons moments passés au volant de ce véhicule à la personnalité étonnante reviennent à ma mémoire usée de journaliste.

La V-TEC, c’était deux moteurs en un. Un généreux et souple en dessous de 5700 tr/mn qui se muait en moteur agressif dès ce régime où il bondissait largement au dessus de 8500 tr/mn en frisant les 225 km/h. Une performance exceptionnelle pour un petit 1600 ! Sa musique changeait dès ce régime. En devenant grave et surexcitée, elle faisait songer à celle d’une moto notamment la fabuleuse Honda 900 RR qui venait de voir le jour. Le CR-X n’avait que deux gros vices : de ne pas avoir une direction assistée obligeant à manier fermement le petit volant sur les routes tourmentées et un réservoir trop petit (45 litres) quand on avoinait fort. Mais quelle merveilleuse personnalité !

La conserver plutôt que de le vendre

Si merveilleuse que lorsqu’il a été remplacé en 1992 par une nouvelle génération qui abandonna le concept du coupé pour celui du cabriolet à toit en dur (bien avant la mode CC), nombreux de ses possesseurs espérant une voiture encore plus sportive furent déçus. Ils préfèrent conserver leur CR-X le plus longtemps possible. Il n’était pas rare qu’ils retrouvent de petits mots sur leur pare-brise ou soient sollicités par leur concessionnaire pour le vendre.

Fait étonnant, 25 ans après sa naissance, le CR-X toutes générations jouit d’un côte encore plus exceptionnelle. Et ce la mode des « youngtimers » ? Sûrement. Il est très recherché de la part de jeunes conducteurs qui n’étaient même pas nés lorsqu’il a vu le jour. C’est le fait de son esthétique intemporelle qui reste d’une étonnante pureté, de sa mécanique encore performante et surtout de son incroyable robustesse car beaucoup affichent des kilométrages ahurissants. Ils le « tunent » généralement avec beaucoup de bon goût et de sobriété ce qui n’est pas toujours le cas pour d’autres marques. Hier comme aujourd’hui, l’éternelle CR-X est une voiture formidablement vivante !

Texte et photos : Patrice Vergès

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