31 Mar 2018

Vintage – Je suis une Legend

En 1985, le constructeur japonais lançait son premier modèle équipé d’un moteur 6 cylindres de 2,5l sous le nom de Honda Legend. Deux ans plus tard en était dérivé un magnifique coupé au volant duquel j’ai eu le bonheur de parcourir des milliers et milliers de kilomètres.

Avec la Legend, pour la première fois, Honda s’attaquait au segment du haut de gamme particulièrement sur le marché américain. Au niveau technologique, avec son inédit V6 24 soupapes double arbre très sophistiqué, la Legend était une excellente voiture. Ce modèle fut développé en commun avec Rover, à cette époque partenaire de la firme japonaise, qui donna le jour à son dérivé la Rover 825 équipée de la même mécanique. Au niveau esthétique, malgré ses qualités, on reprocha à cette grosse berline de manquer d’un peu de noblesse en ressemblant trop à une Accord.

Assez rapidement, elle fut épaulée par un coupé 4 places qui, lui, fit l’unanimité autour de sa silhouette bien plus glamour qui mariait subtilement l’élégance aves des formes fluides et agressives, grâce à ses ailes renflées déjà esquissées sur la berline. Ce coupé arriva dans notre belle France fin 1987, en accueillant également un moteur revu dont la cylindrée avait été poussée à 2,7 l pour répondre aux attentes de ceux qui souhaitaient davantage de punch à bas régimes.

Honda Legend

La poupe était particulièrement réussie (double sortie chromée) laissant voir le dessin lumineux du pavillon profilé

La Honda Legend dispose d’un beau 24 soupapes

Les moteurs comptant 24 soupapes étaient encore rares il y a 30 ans. Ce V6, alimenté par une injection signée Honda (PGM-FI), était coulé en alliage léger et monté en position transversale. Poussé à 2675 cm3, sa puissance avait grimpé de 172 à 177 chevaux avec un couple bien supérieur (228 nm). Pour le reste le coupé reprenait le soubassement de la berline à 4 roues indépendantes (à double triangulation !) mais raccourci de 5,5 cm. Le tout était habillé par une carrosserie légèrement plus compacte que celle de la berline (4,75 m), et surtout un peu plus basse et légèrement plus large. Mais cela ne l’empêchait pas d’accueillir 4 à 5 passagers qui disposaient d’un beau volume aux places arrière avec un coffre-fort accueillant. Son point fort résidait dans sa silhouette subtile aux formes équilibrées et fines (Cx de 0,30) offrant une importante visibilité. Elles en faisaient un objet très désirable et pas ostentatoire.

L’intérieur était du même niveau. Très soigné avec un zeste de boiserie sur la console centrale à la base d’une planche de bord sobre comme toutes les Honda. De larges sièges tendus de cuir incitaient à prendre la route avec. Ce coupé Honda Legend était superbement équipé : cuir, toit ouvrant électrique, jantes en alliage de 15 pouces, régulateur de vitesse, lave-phares, déjà un freinage ABS ou plutôt ALB signé Honda, et une boîte auto optionnelle à 4 rapports avec 2 programmes de sélection (sport), contre 5 pour la version mécanique. Enfin cerise sur le gâteau, elle était offerte à un prix hyper compétitif, inférieur de 25 % à ceux de la concurrence nommé Mercedes 300 CE, BMW 630 CSI ou Volvo 780.

Le coupé Legend était équipé de sièges tendus de cuir fort confortables

Sonorité originale

Il se fait que j’ai beaucoup roulé en Honda Legend à une époque de ma vie, surtout en coupé 2,7 l autant en boîte auto que mécanique, puis en 3,2 l de la génération suivante. Sincèrement, j’ai eu un faible pour la première version jugée plus gracieuse dont la douceur de la boîte automatique m’avait enchanté, de même que sa tenue de route extrêmement sûre. J’affectionnais la sonorité de son V6 qui offrait l’originalité d’être calé à 90 degrés contre 60 généralement. Sa base animera d’ailleurs les NSX. Il générait une musique légèrement différente des V6 traditionnels, plus grave à bas régimes avec des tessitures de V8, tout en étant très soyeux dans son fonctionnement par rapport à un autre V6 à 60 degrés. J’adorais son léger grondement qui entraînait cette voiture à près de 220 km/h quand même.

Étudiée pour séduire les Américains qui constituaient déjà un marché très important pour la marque, elle se distinguait par sa direction très assistée mais précise, sa suspension assez souple mais sans excès et magnifiquement guidée, par le confort de ses sièges et son étonnant silence au sein de l’habitacle. Je reprends mes lignes publiées suite à un essai de cette voiture. « La Honda Legend donne le curieux sentiment de glisser sur la route, sensation accrue par l’extraordinaire boîte de vitesses automatique à 4 rapports et la direction précise, paradoxalement très légère et l’aisance du beau V6 à tous les régimes, au feulement grave, discret et musical« . En 2018, je ne changerai pas seul un mot !

 

La planche de bord d’un dessin très pur était complétée par une large console centrale recouverte de bois. Très classe !

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