25 Mai 2018

Vintage – Honda Concerto  » Les gens heureux n’ont pas d’histoire »

C’est l’un des modèles les plus méconnus de l’histoire de la marque Honda. Paradoxalement, c’est celui qui a connu l’un des plus gros succès commerciaux de la marque, notamment en France. Voici la Honda Concerto.

À la fin des années 70, Honda passa des accords industriels avec la marque British Leyland en Grande-Bretagne. Accord avec la bénédiction de madame Thatcher, car il permettait de sauver des emplois notamment dans le secteur exsangue de l’automobile. Dans un premier temps, British Leyland développa la Triumph Acclaim extrapolée de la version japonaise Ballade, berline 4 portes dérivée de la Civic, suivie d’un autre modèle baptisé Rover. Fin 1988, au Japon, Honda lança une berline 4 portes nommée Concerto (projet YY), que Rover Group qui avait succédé à Leyland, déclina en version européenne, proposée autant sous le nom de Honda que de Rover.

L’élégance des lignes était rappelée sur le très beau catalogue publié par Honda France

Hors quota la Honda Concerto

Chacun des deux modèles avait tout de même ses propres spécificités, ses différences esthétiques et ses motorisations. On dit que c’est Honda qui s’est occupé de toute la partie mécanique, et Rover du dessin de la carrosserie. Comparée à la Concerto japonaise lancée fin 1988, la version européenne qui ne vit le jour qu’un an plus tard se distinguait par sa suspension avant spécifique, et sa carrosserie deux volumes à hayon. Si elle reprenait nombre des éléments mécaniques de la Civic, ciblée plus familiale, la Concerto était plus vaste (4,26 m), plus haute (1,39 m), plus habitable, avec un vaste coffre plus accessible. Bref, la voiture idéale du père de famille, ancien possesseur de Civic devenue trop exigüe.

Pour l’Europe notamment Honda France, la Honda Concerto fut bien plus qu’un nouveau modèle. Produite en Grande Bretagne avec 80% de composants locaux, malgré son nom de Honda, elle échappait au quota de ventes à 3% imposé aux voitures japonaises. Elle permit à la filiale française de pratiquement doubler ses ventes chez nous, d’autant que la Concerto était proposée à un tarif inférieur à celui de la Civic. Ceci expliquant cela.

Chacune sa philosophie

On la reconnaissait à son avant et arrière différent de celui de la Rover, sa présentation intérieure et ses motorisations. Trois moteurs au choix tous d’origine Honda, un 1400 essence de 90 ch ou deux 1600 au choix, en 106 ch à deux carburateurs ou 130 ch à injection (le moteur de la CRX).

Si sa silhouette fut jugée moins séduisante que celui de la Civic de 4eme génération de son temps, il n’en fut pas de même lorsqu’on grimpait à bord. Sièges plus épais et moelleux, bonne habitabilité, finition et équipement de bon aloi, excellents moteurs signés Honda, aucune surprise de ce côté-là, et supérieurs aux Rover, boîte de vitesse géniale, confort royal supérieur à celui de la Civic. Bref, une très heureuse surprise que son esthétique un peu passe-partout ne laissait pas espérer. Elle eut une jolie carrière bénéficiant d’un léger restylage avec des motorisations revues en 1992 qui virent apparaître un moteur diesel d’origine PSA sous son capot. Une révolution chez Honda. Il était prévu qu »elle soit remplacée par un nouveau modèle, mais l’achat de Rover par BMW en 1994 marqua la rupture des accords entre les deux constructeurs.

Lors d’un léger restylage en 1992, la Concerto a reçu une planche de bord enrichie de bois comme sur les Rover

Perso

Je me souviens fort bien de l’essai de la Honda Concerto organisé début 1990, un jour de tempête autour du Bassin d’Arcachon, avec un océan déchaîné zébré d’écumes blanches, et des arbres qui ployaient dangereusement sur la route Je me souviens même du titre de mon essai comprenant un pauvre jeu de mot jouant sur Concerto avec  » une bonne note ». Cela dit, je trouvais que sa silhouette manquait un peu de glamour comparée à une Civic. Mais je n’imaginais absolument pas que je roulerai au volant d’une Concerto pendant quelques mois.

Fin 1991, dans l’attente de ma nouvelle Civic EG produite uniquement au Japon, et dont le succès et le damné quota exigeaient près de 6 mois de délais, j’ai loué pendant plusieurs mois une Concerto 1500 au concessionnaire Honda de ma ville. Et là, au fil des kilomètres parcourus à son volant, j’ai découvert une voiture infiniment agréable à conduire en ville : douce, très silencieuse, confortable, facile à vivre et bien plus attachante que je ne l’imaginais alors. C’est ce qui m’a incité après ma Civic enfin livrée, désirant de nouveau rouler en cabriolet à l’acquérir en version Rover 216 à moteur Honda 1,6 l à injection. Une Honda qui n’en avait pas le nom !

La Concerto produite en Grande-Bretagne n’était proposée qu’en version deux volumes à hayon

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